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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 14:54
Depuis le 1er jour de mon existence où j’ai commencé à faire des maraudes, je crois que c’est la scène la plus surréaliste qu’il m’a été donné de voir…Un camp de réfugié, autour d’un feu en plein milieu de Paris… Juste sous un pont.Très sincèrement, au plus profond de moi, je ne pensais pas un jour, pouvoir assister à une situation aussi dramatique…J'ai vu des gens dans l'urgence par centaines, j'ai été voir nos frères et soeurs Somaliens dans le 95, plus d'autres situations que je garde entre moi et Allah... Mais là, vraiment…Nous longeons un pont… Puis nous descendons sur la berge du canal, que nous longeons… La clientèle des « bars » bruyants, et autres promeneurs du week-end sont manifestement les habitués du coin…Quelques « jeunes » se regroupent discrètement pour boire des bières à l’abri des regards, si ce n’était que tous ces petits groupes se retrouvent au même endroit…Plus nous avançons, et plus nous avons l’impression que nous approchons du camp. Nous tombons alors sur quelques jeunes Afghans, qui nous y amènent tout droit, en réalité il ne nous restait plus que quelques mètres à parcourir.Brutalement se présente sous nos yeux une cinquantaine de frères Afghans, réunis autour d’un feu crachant sa fumée, cherchant à se réchauffer en plein milieu de cet hiver, qui livre ses vents glacials et sa petite pluie qui vous déchire le visage…Nousnous rendons rapidement à l’évidence, ce qui est qualifié de « camp » est en fait, un espace à ciel ouvert de quelques mètres carrés situés entre le canal et le pont…Cela ne semble pas entamé le moins du monde, cette chaleur humaine qui rend encore plus agréable ce feu qui crépite sous les flammes alimentés par des bois ramassés ici et là. Le problème pour entamer la discussion est de taille : La langue, ils parlent le Perse, l’Urdu…Mais al hamdoulillah, dans notre groupe, il y a des frères qui parlent l’Urdu, une discussion s’engage.Il s’avèrera que nos frères Afghans, dans des habits de fortune,dont l’apparence ne donne aucun doute possible sur l’urgence à les aider parle aussi l’arabe et l’anglais pour certains.Par Allah, je ne suis jamais à court de mot, pour décrire une action ou une situation… Le comportement exemplaire de mes frères Afghans à eu, pour la première fois raison de moi.Ni le froid, ni le dénuement matériel, et encore moins la faim, ne semble avoir eu raison de leur solide fraternité.Alors que nous tentons de faire un rappel avec les moyens du bord, un frère Afghan nous fait comprendre que le camp n’est pas pour eux une épreuve ou une difficulté…L’un d’eux récite alors lasourate « Al 3asr » dans un prononcé arabe très propre et très intelligible :


« Par le temps, l’homme est dans la perdition »


pas camp, feu ou tentes fi khousrane, disait t’il en pointant du doigt tour à tour l’ambiance du camp, le feu et les tentes entassés les unes à côté des autres sous le pont, derrière une cage, al khousr c’est al jannata, akhira » (1)  me répétait dans une conviction incroyable le frère Afghans qui s’adressait à moi d’un visage si doux, auréolé de son sourire si sincère.
Il voulait dire par là : (1) La perte dont Dieu nous parle dans le Coran, ce n’est pas notre dénuement que vous voyez, à savoir, ce camp (jonché de poubelles, ils vivent dans des immondices, une insalubrité qui dépasse le cadre de l’indécence, le canal vomit les détritus qui n’ont pas coulés, sa couleur d’un vert absolument pas naturelle du tout, indique très clairement la dangerosité à vivre à promiscuité d’un tel endroit), ni le feu qui les réchauffe très médiocrement, ni encore les tentes parquées sous le pont derrière une grille en fer. Mais la perte dont Dieu nous parle, c’est celle de l’autre monde, la perte du paradis… Il nous disait cela alors que nous essayons de distribuer les sacs de nourriture. Ce qui est le plus marquant en les regardant, c’est cette joie qui ne quittent jamais leurs visages… Rien ne peut venir entacher leurs fraternité, leurs très excellents comportements et éducations. L'un d'eux, nous voyant prendre leurs conditions de vie en photos, se propose avec un grand sourire: Pas un seul parmi eux, n’est venu se ruer sur les sacs de nourriture, ils ont tous attendu leurs tours, sans chercher à prendre plusieurs articles, ni rien de tout cela.Alors que nous regardons, vraiment les yeux grands ouverts ce spectacle désolant, ordure, sacs poubelles, l’humidité qui ruisselle au dessus et autour des tentes, notre impuissance, caractérisé par ses larmes qui coulent le long de nos joues, m'amène à cette reflexion personnelle : "Mes frères à moi, entrain de dormir comme des chiens, comme de vulgaire animaux, dans des tentes le long d’un canal… Où est passé cette communauté à laquelle Allah demandera des comptes le jour du jugement pour son profond coma fraternel ? Où est-elle ?... Même un chien, n’importe quel animal est pris en charge par la SPA, est-ce que je suis devenu inconscient à ce point de mes devoirs envers mes frères et sœurs à ce point pour que je ne m’en occupe pas ? 

 


SoubhannaAllah… soubhannaAllah, soubhannAllah, soubhannaAllah, soubhannaAllah." 

 


Cette réflexion est brutalement interrompue par des mots qui ne me sont pas du tout inconnu : L’appel à la prière. Alors que les "Allahou akbar Allahou akbar" raisonnent sur les berges du canal, les frères Afghans, accourent à la prière et délaisses les sacs de nourriture. En jetant un œil dans les sacs, nous découvrirons qu’ils n’ont pas voulu prendre les saucissons halals… Ayant un doute sur la nature halal ou non des dits saucissons, la cinquantaine de frères Afghans ont préféré la faim, plutôt que de prendre le moindre risque avec leurs fois. Cette attitude prise naturelle, est un bon moyen de mesurer l'implication de leurs personnes dans la foi...Nous ne pouvons hélas pas en dire autant de nous-même.
L’un des frères nous confiera également que depuis plusieurs mois qu’ils sont arrivés, ils n’ont mangé aucune viande, de crainte que celle-ci ne soit pas halal… Les frères se regroupent à la salat en congrégation… Rien ne semble entamer leurs ferveurs dans la pratique de la religion, ni les ébranler quand vient l’heure de la prière. Allah m’a honoré en faisant la prière avec eux et parmi eux.

Ces frères manquent singulièrement de qamiss, Coran, mais aussi de bouteille d’eau pour faire les ablutions. Les services d’hygiènes semblent avoir délaissés totalement leurs devoirs. Il est impératif de donner un semblant de propreté à leurs camps.

Je lance un appel ine cha’a Allah, pour que l’on se regroupe à une heure bien précise tous ensemble, pour nettoyer au maximum les déchets qui jonchent leur camps afin véritablement qu’il puisse y vivre dans de meilleurs conditions. C’est le minimum que nous puissions apporter à nos frères.  Des sacs poubelles accrochés à même les arbres... et encore, si vous voyez le reste...


Pour cela je vous demande ine cha’a Allah de me contacter via mon mail, et de venir avec :

·     -Votre intention pour la cause d’Allah:

·     -Des qamiss

·     -Des Coran (baraka Allahou fikoum, si vous avez une librairie mes frères et sœurs, faites le pour l’amour d’Allah, Allah vous récompensera, faites un don de Coran, une vingtaine, Allahi barek fikoum)

·     -De la nourriture (si vous êtes grossiste et que vous avez des fruits et légumes, que Dieu vous en récompense, qu’Allah mette la baraka dans votre foyer, s’il vous plaît, mes frères et sœurs, faites le pour l’amour d’Allah)

·     -Vos bras

·     -Sacs poubelles

·     -Des gants (pour ramasser les ordures)


Par Allah mes frères, ont a pas du tout le droit de laisser passer ça, ce n’est pas humain, non ce n’est pas humain.Vraiment, c’est quelque chose qui m’a perturbé psychologiquement, je me suis mis à pleurer devant mon impuissance…"Je me suis mis à pleurer devant mon impuissance". Suis-je incapable à ce point là ? Venez, je vous en supplie, je vous le demande pour la cause d’Allah. Un frère qui était avec nous, dont j'ai vu les yeux se remplir de larmes et rougir, me confiera plus tard:

Cette journée à changée ma vie à tout jamais.


Voici la réalité de nos frères Afghans
Voici la réalité de ce que les Musulmans endurent au vu et au su de tous...

A chacun son chauffage...
Si d'aventure tu te plainds du coût du chauffage Rappelles toi la photo juste au dessus... c'est le chauffage des Afghans Et tu te souviendras alors de la générosité de Dieu envers toi.

Salam alaykoum

alarueblog@live.fr pour les aider

 

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